L’amalgame


Les anciennes générations ont l’habitude de l’amalgame brillant et argenté. Il est utilisé depuis 150 ans et a connu de nombreuses améliorations. Il s’avère être le produit le plus étudié de la médecine dentaire. L’amalgame a une longue durée de vie, il est facile à travailler et donc relativement avantageux. En raison de sa couleur, il n’est pas très satisfaisant du point de vue esthétique. La question de savoir si le mercure qu’il contient a une influence néfaste pour la santé est encore controversée. Il a été démontré que 0,1 % des individus sont allergiques à l’amalgame. A ce jour, les études scientifiques n’ont pas démontré d’autres problèmes de santé.
L’amalgame reste le matériau le plus utilisé pour l’obturation des faces occlusales (ou triturantes) des dents latérales de même lorsqu’il s’agit de reconstruire plusieurs faces d’une prémolaire ou d’une molaire. L’amalgame d’argent est un produit composé de mercure et de poudre d’alliage d’argent, d’étain, de cuivre et de zinc. Une fois malaxé à température ambiante, il durcit dans la cavité nettoyée de la lésion carieuse et devient pratiquement aussi résistant que les tissus dentaires. Une obturation réalisée au moyen d’un amalgame moderne subit en bouche moins de corrosion que ce qui était le cas des amalgames d’autrefois. Dans des conditions normales, la durée de vie d’une telle obturation est d’environ 10 ans. Comme la qualité du matériau et son mode de préparation, la composition de la salive, les mauvaises habitudes alimentaires ou une hygiène buccale déficiente peuvent altérer et raccourcir la durée de vie de ces obturations.
Bon nombre de gens croient que l’amalgame est un matériau de réparation et qu’une obturation à l’amalgame ne nécessite que peu de temps. Il n’en est rien : lorsqu’elle est bien réalisée une obturation à l’amalgame réclame beaucoup de soin et de temps. Bien que l’amalgame acquière une dureté relativement bonne au bout de 30 minutes déjà, le patient ne devrait rien manger au cours des deux heures qui suivent le traitement. Une fois terminées, il arrive fréquemment que les obturations soient légèrement trop hautes et empêchent une occlusion complète et normale des arcades dentaires. Le cas échéant, le patient ne doit en aucun cas essayer d’« aplanir » cette surélévation par des mouvements de mâchoire. Il doit demander à son médecin-dentiste de la corriger immédiatement, ou lors d’une prochaine séance s’il ne s’en est aperçu que plus tard.

Le mercure contenu dans l’amalgame
Le mercure étant un poison, d’aucuns sont d’avis que les obturations à l’amalgame peuvent provoquer certains symptômes tels que maux de tête, migraines, troubles rhumatismaux, vertiges ou autres. Des analyses scientifiques ont néanmoins montré
• que l’amalgame dentaire libère une quantité de mercure inférieure à celle ingérée par l’alimentation, et
• que le mercure libéré par l’amalgame dentaire ne peut être mis en rapport avec des symptômes somatiques.
Seule la constatation d’une allergie au mercure peut rendre indispensable la dépose d’obturations à l’amalgame ; il faut donc qu’un spécialiste ait auparavant fait subir au patient les tests d’allergie correspondants.
L’obturation à l’amalgame est une technique de traitement qui a fait ses preuves. En plus de 130 ans, elle a été utilisée pour obturer des milliards de caries, sans n’avoir, à ce jour, jamais provoqué d’effets secondaires démontrés.
Fin 1997, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Fédération dentaire internationale (FDI) ont publié une déclaration consensuelle relative à l’utilisation et à la sécurité de l’amalgame. Bien que l’amalgame n’ait rien à se reprocher d’un point de vue médico-dentaire, ce matériau d’obturation est de plus en plus délaissé. Les patients sont, d’une part, de plus en plus nombreux à être contre l’amalgame, ne serait-ce que pour des questions esthétiques et, d’autre part, la prophylaxie a conduit à une réduction massive du nombre d’obturations. Le professeur Thomas M. Marthaler (Zurich) a montré que, de 1964 à 1992, la quantité d’amalgame utilisée pour obturer les caries des enfants avait diminué d’au moins 96 %.

Déclaration consensuelle OMS/FDI 1997 (fichier pdf, 99 Ko) n'existe qu'en allemand


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