Société vaudoise des médecins-dentistes (SVMD)

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 Centenaire de la SVMD

Historique de la SVMD

1901 - 2001

par

Dr Georges Willer

médecin-dentiste SVMD-SSO

 

Burki
 

C'est en juin 1901 que 13 dentistes diplômés se réunissent à Lausanne en vue de constituer un groupement professionnel et scientifique. La société est fondée officiellement le 9 novembre 1901 et prend le nom de Société odontologique vaudoise (SOV), modifié par la suite, pour des raisons de français... en Société vaudoise d'odontologie (SVO).

Les statuts sont élaborés par le comité formé de 5 membres; ils ont pour but: 1) d'offrir aux dentistes du canton de Vaud l'occasion d'échanger leurs idées, leurs connaissances, leurs expériences, et par ce le moyen de développer le goût des sciences, de faciliter l'étude et les progrès de l'art dentaire. 2) d'établir et de resserrer les liens de confraternité entre ses membres, de s'occuper des intérêts professionnels et de l'éthique de la profession.

Fin 1902, on compte 19 membres sur les 35 dentistes du canton! Mais la société se veut dès le départ autonome et indépendante à l'égard d'une part de la société odontologique suisse (SOS), dont l'esprit suisse allemand déplaît, et d'autre part, à l'égard des institutions politiques, animée qu'elle est d'un esprit franchement fédéraliste! Il est clair que certains de ses membres font déjà partie de la SOS, fondée une quinzaine d'années auparavant; mais cette appartenance ne lie en aucune façon la nouvelle société avec les instances suisses. Ainsi commence modestement cette société dont nous célébrons le centenaire en 2001.

Mais 100 ans d'activités, de développements, d'adaptations, cela représente plus d'une tonne d'archives dans lesquelles il est parfois bien difficile de s'y retrouver. Difficile aussi de faire le tri des événements importants qui apparaissent dans les procès-verbaux, mais qui mettent parfois des années et des années pour voir le jour. Cependant, dès la fondation, certains éléments apparaissent régulièrement et perdurent en dépit de l'évolution et des adaptations de la société. Il s'agit, par exemple, de l'activité scientifique, toujours présente, active et intéressante; mais aussi des litiges, souvent entre confrères; des cas de pratique illégale, ainsi que de la modification presque continuelle des statuts. La confraternité et la convivialité, tout comme le dévouement et l'engagement de certains membres, souvent les mêmes, se retrouvent aussi constamment. Pendant de longues années, les séances se tiennent le dimanche matin dans différents lieux du canton et se terminent généralement par des agapes copieusement arrosées, chez des confrères accueillants ou dans des restaurants connus et renommés à l'époque...

Ainsi donc la SVO se développe et s'attache à résoudre des problèmes de plus en plus nombreux et de plus en plus difficiles. Les esprits indépendants de cette profession libérale se choquent et s'opposent souvent farouchement, mais le développement se poursuit. En 1910, on compte 23 membres, 54 en 1931, 140 en 1943 et actuellement environ 360.

Mais l'autonomie et l'indépendance à l'égard de la SOS et des instances politiques ne va pas sans causer des problèmes et des difficultés Il faut bien s'adapter bon an, mal an, aux modifications des lois sanitaires cantonales et fédérales, ainsi qu'aux décisions de la SOS qui concernent la profession en général et les dentistes en particulier! Mais comme la SVO n'est pas constituée en section de la SSO, elle ne peut pas intervenir dans les affaires et décisions de cette institution faîtière, ni participer à l'assemblée des délégués où les questions sont discutées et les décisions souvent prises.

Certaines mesures doivent finalement obligatoirement être envisagées. C'est la raison pour laquelle au cours des années 20, la SSO décide de reconnaître la SVO comme section cantonale! Cette dernière qui veut "mordicus" garder son indépendance est obligée de s'organiser en fonction de cette reconnaissance. Il est alors convenu que la section vaudoise SSO sera composée uniquement des membres de la SVO qui sont en même temps membres de la SSO; qu'en principe le président de la SVO est aussi président de la section cantonale SSO pour autant qu'il appartiennent à cette SSO; sinon il y a deux présidents et les séances sont partagées en deux! Et puis comme les questions professionnelles prennent toujours plus d'ampleur, il se crée en 1922, toujours à l'intérieur de la SVO, une "association professionnelle", avec un président, qui va s'attacher jusqu'en 1932 à s'occuper des affaires administratives, pour laisser plus de place aux questions scientifiques. Cette situation confuse ne trouvera sa solution qu'à fin 1942. En effet, le problème d'une unification SVO - Section vaudoise SSO revient constamment sur le tapis, mais ce ne sera que le 1er janvier 1943 que cette fusion sera enfin réalisée et que la SVO va changer de nom à cette occasion pour devenir la SVMD.

Au cours de ces 100 années, la SOV, devenue SVO puis SVMD a participé à la création et à la mise en place de nombreuses activités dues en grande partie à l'évolution de notre association et de notre profession, ainsi qu'un développement de la politique sociale et sanitaire.

Réalisations à caractère social et prophylactique

Dès 1920, une dizaine de collègues, membres de la SVO assurent le fonctionnement d'une clinique pour indigents. Ils installent à leur frais un cabinet en collaboration avec le service dentaire existant à la clinique infantile. L'Etat veut bien accorder des subsides, pour autant qu'il ait son mot à dire dans la gestion de cette clinique, mais la SVO refuse cette main mise et décide de cesser son activité si le dentiste responsable n'est pas désigné par la société! Le cabinet fermé, le matériel restera la propriété de la SVO et les fonds disponibles rejoignent la caisse de la société. En 1923/24, l'Etat va regrouper à la policlinique médicale les soins dentaires scolaires et les soins aux indigents, sans aucune coordination avec la SVO. Dans le domaine social, on note encore les efforts consentis pour la création de services de dépistage des caries et l'enseignement de l'hygiène dans les écoles, depuis 1911 à Nyon et Lausanne. Mais il faudra attendre 1960 pour qu'une loi cantonale impose aux communes l'obligation de créer des services dentaires scolaires qui seront réalisés sous différentes formes (cliniques, caravanes, dépistages dans les écoles, éventuellement soins par dentiste privé). Quant aux services d'urgences pour les dimanches et jours fériés, ils se développent dès 1950 à Lausanne, Vevey, puis s'étendent dans toutes les régions du canton.

Dans le domaine plus spécifique de la prophylaxie, on distribue dès 1952 un comprimé de fluor par élève et on organise des brossages collectifs dans certaines classes uniquement. C'est en 1960 que le Service de la santé publique demande l'étude de l'apport en fluor à la population. Une commission du fluor est créée en 1961 dans le cadre de la SVMD. Présidée par Alexandre Robert, elle étudie le problème et propose la fluoration du sel des Salines de Bex, qui devient effective en 1968. Ainsi se trouve réalisé un des trois piliers de la prophylaxie, à savoir: apport quotidien de fluor, hygiène bucco-dentaire, limitation de la consommation du sucre. Dès 1966, une commission de prophylaxie de la SVMD va déployer une activité débordante pour présenter, informer et inculquer les principes de base pour lutter contre les caries et autres affections bucco-dentaires. Au nombre de ses activités, on notera une initiative originale engageant tous les membres de la SVMD: le lancement en 1994 de l'opération "Adolescents vaudois". Cette initiative fort appréciée, et louée même par l'association des consommatrices, offre la possibilités pour les bénéficiaires de 16 à 18 ans de deux contrôles avec radiographies et indication du résultat pour le prix modeste de Fr. 20.-.

Réalisations en rapport avec les collaborateurs

Les relations entre les techniciens (mécaniciens) pour dentistes et ces derniers ont été dès la création de la société un des objets le plus souvent porté à l'ordre du jour des réunions du comité ou des assemblées. En 1945, un contrat collectif est signé avec l'Association des mécaniciens pour dentistes et une commission paritaire est créée. Ce conseil professionnel s'attache d'une part à s'occuper de la formation des apprentis techniciens, de leurs examens en particulier, et d'autre part, à discuter et tenter de trouver des solutions à tous les problèmes qui touchent les rapports médecins-dentistes/techniciens qu'ils soient indépendants ou travaillant dans un laboratoire de prothèses. L'activité importante de la SVMD dans le cadre de ce conseil paritaire cessera en 1992.

En ce qui concerne la formation des assistantes par la SVMD, on retrouve dans les procès-verbaux que Forrer, en 1946, ouvre une écoles de nurses et que la création d'une école de demoiselles de réception est envisagée à l'école Lémania (sans suite). Mais, c'est en 1965 que notre société crée une commission, puis ouvre une école pour la formation des assistantes. Cette école, dans laquelle de nombreux confrères membres de la SVMD seront impliqués en tant qu'organisateurs, et surtout enseignants, sera entièrement sous la direction et la responsabilité de la SVMD. Elle permet aux apprenties d'obtenir en deux ans un diplôme d'aide qualifiée par notre société, diplôme qui sous certaines conditions donne accès à une formation ultérieure permettant l'obtention d'un diplôme SSO reconnu par l'OFIAMT. Mais dès 1998, ce n'est plus la SVMD qui dirige l'école, mais le canton. Les cours durent trois ans, la formation professionnelle est réglementée par l'OFIAMT qui reconnaît le diplôme. On peut estimer à 1'200 le nombre d'assistantes formées par la SVMD. Regroupées dans une association des aides, notre société élabore, en accord avec cette association, un contrat collectif de travail qui lie les membres de la SVMD pour tout ce qui touche à l'emploi de ce personnel auxiliaire.

Réalisations dans l'intérêt des membres de la société

Inutile d'insister sur l'apport considérable offert aux membres de la société par l'organisation de caractère professionnel et scientifique d'un nombre incalculable de conférences, exposés, cours spéciaux, congrès, communications et informations aussi diversifiés et variés que nombreux.

Dans les autres domaines, l'activité des différents comités et commissions n'a pas été moins intense. En 1943, on note la décision de créer une caisse d'allocations familiales, privée et indépendante, suite à la décision du Grand Conseil de rendre ces allocations obligatoires. A cette occasion, une fois n'est pas coutume, il convient de citer le nom d'un confrère, Louis Metzger, qui non seulement a mis sur pied cette caisse d'allocations et s'en est occupé, d'une façon remarquable; ce confrère a d'autre part déployé une immense activité pour notre profession, pour la SVMD, pour la SSO, pour les confrères en difficulté, et ceci même après avoir pris sa retraite et quasiment jusqu'à son décès. Il faut aussi citer les efforts entrepris par la SVMD dès 1943 pour l'introduction d'un membre de notre profession au Conseil de santé du canton et d'un adjoint au médecin cantonal, faute de pouvoir obtenir un poste de dentiste cantonal, au même titre que les médecins, les vétérinaires, les pharmaciens. Ces objectifs ne deviendront effectifs que beaucoup plus tard.

Au nombre des réalisations importantes de la SVMD et toujours dans l'intérêt de ses membres, il faut aussi mentionner la création de la Commission des litiges qui deviendra en 1995 la Commission de médiation. Mais aussi la formation d'une commission de déontologie (par la suite Conseil de famille) chargée de faire respecter les principes d'éthique professionnelle énoncés dans les statuts de la société dès sa fondation en 1901. C'est en 1927 que cette commission a été nommée et que le Code de déontologie, élaboré par le comité, a été adopté; ce code s'inspirait de celui de la Société vaudoise de médecine, ainsi que du projet du code genevois, ceci dans l'attente du code de déontologie de la SSO encore en gestation et dont il faudrait bien tenir compte une fois celui-ci établi et admis. Ce conseil "des sages" a rendu de nombreux et appréciés services aux différents comités de la société aux prises avec des problèmes survenant entre ses membres ou par rapport à l'application des statuts souvent non respectés. Il a permis de résoudre d'une façon interne des situations parfois délicates touchant l'un ou l'autre des membres de la SVO/SVMD, allant malheureusement parfois jusqu'à l'exclusion de l'un ou l'autre.

Elément important de notre société, il y a lieu de citer aussi notre secrétariat permanent qui a été reconnu en 1964 comme organe de la SVMD. Au départ, il s'est agi d'un secrétariat commun avec la Société vaudoise de médecine, mais dans le cours de années 70, il est devenu propre à la SVMD. A ce secrétariat ont été rattachés la centrale de documentation de la SSO et le service de placements des assistants et des aides, ceci pour le plus grand profit des membres de la SVMD.

Conclusions

La liste des activités importantes ayant marqué notre société au cours de ses 100 ans d'existence pourrait se prolonger encore très longtemps. Forte en l'an 2001 d'environ 360 membres, la SVMD demande de la part de tous ceux qui s'en sont occupés d'une manière ou d'une autre, qui s'en occupent actuellement ou qui s'en occuperont dans l'avenir, beaucoup de dévouement, d'efforts et de temps, de détermination et de réflexion, d'illusions et aussi parfois de désillusions!

Grâce à toutes ces bonnes volontés, grâce à ces travaux multiples, souvent épuisants, mais qui sont la conséquence du développement réjouissant et très important de notre société, la SVMD peut passer le cap de ses 100 ans d'activité avec confiance en l'avenir et espérer survivre jusqu'à son bicentenaire.

Lausanne, mars 2001

Dr Georges Willer SVMD/SSO

 
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